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Comment contrer l’intimidation?

La question est très simple, mais la réponse est beaucoup plus complexe. Il y a plusieurs éléments à considérer dans une situation d’intimidation:

1) l’intimidateur

2) l’enfant intimidé

3) le soutien extérieur

Ces différents facteurs influencent grandement le type d’intervention à avoir.

L’INTIMIDATEUR

Dans un premier temps, la personne qui intimide ne sait peut-être pas qu’elle fait du mal autour d’elle. Les enfants font souvent de mauvaises blagues ou n’ont pas conscience que leurs propos peuvent blesser. Il est donc important de bien établir la communication lors d’un conflit.

Si l’enfant est en connaissance de cause et agit dans le but d’intimider clairement un de ses paires, il faut savoir régler la situation sans transformer l’intimidateur en victime. Toutefois, il est important d’analyser la situation. Dans la majorité des cas, l’enfant qui intimide agit ainsi car il ne comprend pas ou n’accepte pas la différence de l’autre. Il y a donc un travail d’inclusion à faire, afin de bien faire comprendre que chacun est différent à sa manière.

Les différences peuvent être variées.  Voici quelques exemples de différences qui peuvent devenir une source d’intimidation:

  • couleur de peau
  • types de cheveux (couleur, texture, apparence, etc.)
  • grandeur
  • prénom ou nom de famille
  • odeur
  • maladie de peau ou marques particulières (cicatrice, eczéma, grain de beauté, etc.)
  • particularité physique ou malformation
  • lunettes
  • appareils orthodontiques
  • orthèse ou accessoire médical
  • façon dont l’enfant s’exprime (bégaiement, prononciation, formulation, etc.)
  • mode de vie différent
  • occupation, hobby ou goûts
  • gestes ou actions
  • aptitudes sociales
  • médication
  • émotivité

Quelle que soit la différence, il est important de la démystifier et de la faire comprendre aux autres enfants de l’entourage. Lorsqu’une certaine compréhension d’autrui est acquise, les gens sont beaucoup moins portés à en rire ou à abaisser.

L’ENFANT INTIMIDÉ

Il est important d’amener l’enfant qui vit de l’intimidation à s’interroger sur ce qu’il vit. En tant que parent, vous ne pourrez pas livrer toutes les batailles de votre enfant et votre rôle est de l’aider à les livrer un jour par lui-même.

Tout d’abord, il est important de cibler ce qui cause de l’intimidation à l’enfant. Voici quelques pistes de réflexions à discuter avec votre enfant:

  • De quoi rie l’intimidateur?
  • Quels mots utilise l’intimidateur?
  • Quels gestes pose l’intimidateur?
  • Est-ce que l’intimidateur est seul ou amène-t-il d’autres enfants dans la situation?
  • Que font ressentir les gestes ou les mots de l’intimidateur à votre enfant?

Il est important de faire verbaliser à votre enfant ce qui est vécu afin de l’extérioriser et de lui faire comprendre exactement ce qu’il vit. Peut-être n’avait-il jamais pris conscience de l’impact que son intimidation a dans son quotidien. Faites-lui comprendre qu’il n’a pas à se sentir coupable et que l’intimidation n’est pas la faute de la victime et qu’il faut absolument en parler pour que le problème cesse.

Nous enseignons aux enfants à utiliser trois mots clés en situation de conflit:

Mots clés à utiliser en cas d’intimidation:

1) Réflexion

2) Discussion

3) Réaction

Réflexion

En tout premier lieu, dans une situation d’intimidation ou tout simplement de conflit, il est primordial de se poser quelques questions.

Pistes de réflexions:

  • Y a-t-il une raison pourquoi l’autre me parle ainsi?
  • Comment est-ce que la situation me fait sentir?
  • Est-ce ça vaut la peine que je réagisse?

Dans une situation de conflit, il est possible que votre enfant soit responsable d’un geste qu’il a commis, sans qu’il n’ait fait exprès. Par exemple, il peut avoir accroché un collègue de classe dans le corridor: il n’a pas fait exprès, mais la situation est de sa faute. Il suffit de s’excuser et la plupart du temps, la situation sera réglée. Pour arriver à un règlement efficace de la situation, il faut tout de même faire cette différence entre «ce n’est pas de ma faute» et «je n’ai pas fait exprès».

Il est important aussi de comprendre comment les gestes ou les paroles de l’autre font sentir votre enfant. Est-ce de la tristesse, de la colère, de la frustration, de la honte? Il faut qu’il réussisse par lui-même de se poser ces questions. Si la situation ne lui procure pas vraiment d’émotion, il se peut que ça ne vaille pas la peine de réagir.

Discussion

Ensuite, il faut utiliser les bons mots pour s’exprimer. Il est primordial d’exprimer ses émotions à l’autre enfant, car il se peut qu’il ne soit même pas au courant des émotions négatives que ces gestes ou paroles causent. Si les paroles sont délibérément méchantes, votre enfant doit apprendre à se défendre avec des mots, tout en restant respectueux.

Notre atelier d’autodéfense pacifique en milieu scolaire enseigne entre autres aux enfants à dévier les paroles méchantes. Dans la plupart des cas, l’intimidateur souhaite faire réagir et par l’entremise des trucs concrets que nous enseignons, les enfants ne lui donnent pas ce qu’ils veulent.

Réaction

Il faut réagir face à l’intimidation, mais réagir de la BONNE manière. Il faut utiliser la force nécessaire selon les situations. Par exemple, si votre enfant se fait insulter, un coup de poing n’est pas la solution. La bonne réaction est souvent d’aller voir un adulte responsable afin d’expliquer ce qui s’est passé. Votre enfant doit parler clairement et calmement à la personne qui pourra lui venir en aide. S’il arrive en criant, en pleurant et en parlant de façon peu cohérente, il est fort probable que le message qu’il veut transmettre passe moins bien. Il est aussi important de dire TOUS les faits, même s’il a un tort, car la situation pourra être plus claire pour l’intervenant.

Si votre enfant subit de la violence physique, il est important qu’il se protège et se défende.  Malgré que vous soyez tenté d’apprendre à votre enfant à donner un coup de poing sur le nez pour se défendre, il s’agit rarement de la bonne solution, puisque cela lui attirera aussi des ennuis. Les bons mots et la fuite sont donc à conseiller. Mais qu’arrive-t-il si votre enfant se fait agripper le poignet ou le bras, se fait frapper ou même étrangler? Dans notre atelier d’autodéfense pacifique en milieu scolaire, nous montrons aux enfants comment se sortir de situations violentes le plus rapidement possible avec le moins de dommage possible pour lui et son agresseur, afin d’aller chercher de l’aide le plus rapidement possible.

LE SOUTIEN EXTÉRIEUR

Les personnes ressources sont nombreuses autour des enfants, mais en tant qu’adulte, il arrive qu’on ne comprenne pas ou qu’on ridiculise un événement qui est grave aux yeux de l’enfant. Se faire traiter de «tas de patates pilées» est comique à vos yeux, mais si vous prenez un instant et que vous vous mettez à la place de votre enfant de six ans, il s’agit peut-être de sa pire insulte à vie. Cette empathie est donc primordiale à la bonne compréhension de la situation.

Malheureusement, les adultes qui entourent votre enfant n’ont pas tous le même niveau d’empathie. Si le problème de votre enfant est ridiculisé à maintes reprises, il croira qu’il n’est pas important et sa confiance diminuera à vue d’oeil. Dans les trois étapes abordées plus haut, la réaction préconisée sera souvent d’aller chercher de l’aide et de dénoncer la situation. Si votre enfant n’est pas bien reçu par un adulte, par exemple à l’école, qu’il aille vers quelqu’un d’autre.

Exemples de personnes-ressources pour votre enfant:

  • Ses parents
  • Son enseignant
  • Un intervenant de l’école
  • Le directeur
  • Un parent d’ami

Dans notre dojo, nous nous mettons toujours disponibles pour nos élèves s’ils veulent nous parler d’une situation qui les préoccupe ou nous demander conseil sur la meilleure façon de réagir. Une simple discussion peut amorcer une réflexion profonde chez un enfant et l’aider à passer à travers une situation difficile.

En plus de notre atelier d’autodéfense pacifique donnée en groupe de maximum 40 élèves, nous offrons une conférence dans les écoles nommée Pareil pas pareil qui aborde l’intimidation, l’acceptation de soi et des différences des autres. Nous nous déplaçons à Montréal, Laval, Lanaudière, Rive-Nord, Rive-Sud, Estrie et dans les Laurentides.

Pour réserver un groupe d’ateliers ou une conférence, communiquez avec nous au 514-792-5272 ou envoyez-nous un courriel à info@kaizenartsmartiaux.ca

Nous ne pouvons pas enrayer l’intimidation d’un coup, mais c’est un petit pas à la fois que nous y arriverons.

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